quarta-feira, 3 de maio de 2017

Ligue des champions: Monaco-Juventus, c'est (presque) un match de Serie A en fait?




Monaco vs Juventus 2017 UEFA Champions League Semifinal First LegNicolas Camus

De notre envoyé spécial à Monaco,
On aurait pu écrire cet article il y a deux ans, avant le quart de finale entre les deux équipes. Ça aurait été d’autant plus facile que Monaco avait alors vraiment tout d’une équipe italienne ; une défense de bestiaux, quelques noms qui sortent du lot pour faire la maille et des victoires 1-0 au bout de l’ennui. Mais en fait, peu importe. Si l’ASM est aujourd’hui l’équipe la plus séduisante d’Europe - oui oui -, cela n’empêche pas de se pencher, avant cette demi-finale face à la Juventus, sur les liens a priori privilégiés entre le club et l’Italie.
Cette rencontre de Ligue des champions aurait presque pu être une affiche de Série A. Depuis Louis-II, la frontière n’est qu’à une douzaine de kilomètres, les restos de poisson de Gênes à 180 km et la fraîcheur de Turin à 210. Un habitant sur cinq de Monaco est Italien, et ils sont près de 4.000 à passer chaque jour la frontière pour venir travailler en Principauté. Bref, les liens historiques (la famille Grimaldi a des origines gênoises), affectifs et économiques sont très forts. Niveau foot, pourtant, ça a longtemps été le calme plat.

La frontière entre la France et l'Italie, pour les ignares
La frontière entre la France et l'Italie, pour les ignares - Google Map / 20minutes

« À Monaco, on a toujours eu ce problème de ne pas réussir à remplir le stade. En tant que supporters, on s’est longtemps demandé pourquoi les dirigeants ne recrutaient pas un peu italien. On se disait que ça pourrait faire venir du monde, raconte Michaël, fan de l’ASM depuis le début des années 90. Surtout que l’Italie, c’est la culture de la gagne. Tu sais que si tu mises dessus, t’es sûr d’avoir du sérieux. »

Un transfert va tout changer, celui de Marco Simone, en 1999. Arrivé à reculons du PSG, il a mis tout le monde dans sa poche en remportant le titre dès sa première saison en 1999-2000 après avoir dynamité toute la Ligue 1 avec ses petits camarades d’attaque, David Trezeguet et Marcelo Gallardo.

2006, année Série A

Débarquée un peu par hasard sur le Rocher, la hype italienne va s’y agripper et prospérer les années suivantes. Didier Deschamps arrive sur le banc en 2001 après avoir tout appris avec Marcelo Lippi à la Juventus, et quand il part en octobre 2005, c’est Francesco Guidolin qui le remplace. L’ASM finit la saison 2006 avec Flavio Roma, Marco Di Vaio et Christian Vieri, plus Ernesto Chevanton et Mohamed Kallon, venus de Série A.

Christian Vieri à Monaco, en 2006
Christian Vieri à Monaco, en 2006 - SIPA

« On a pensé à un certain moment que ce serait une bonne idée des les recruter. Un Italien, on se disait qu’il serait heureux de venir. Parce que quand ils sont ici, ils ont l’impression de ne pas être à l’étranger. Presque tout le monde à Monaco parle l’italien ou au moins, le comprend. Ils sont un peu comme chez eux, explique un ancien membre du gouvernement monégasque, très au fait des affaires sportives. On espérait secrètement que ça ferait venir les Italiens de Monaco mais aussi ceux de la côte. Pendant quelques mois ça venait, de Vintimille, de San Remo, mais ça s’est vite essoufflé. »

La raison est simple. Les joueurs venus tenter le coup étaient trop blessés ou trop en fin de carrière pour créer une vraie dynamique. « A cette époque, les finances n’étaient pas aussi florissantes, reprend notre personnalité monégasque. Les meilleurs étaient hors d’atteinte, donc ça s’est fait avec des joueurs plus âgés. Bon, cette stratégie s’est vite éteinte. »
En juin 2006, l’ASM se sépare de Guidolin et finit 10e, premiers pas vers la Ligue 2, où le club plongera en 2011. Mais la filière italienne, en sommeil, va être réactivée avec l’arrivée sur le banc de Claudio Ranieri. Le Mister replace Monaco en Ligue 1 et pose les bases, avec l’arrivée des nouveaux propriétaires russes, de ce qu’est aujourd’hui le club.

Raggi, digne représentant

Le lien avec l’Italie est toujours bien présent. Andrea Raggi, au club depuis 2012, en est le digne représentant. Mais pas seulement. Le beau jeu attire les fans de foot. « Je connais beaucoup d’Italiens qui sont vraiment pour Monaco, parce qu’ils en ont un peu marre du football trop défensif, indique l’ancien Ministre. Ça les change un peu de voir Monaco. » « En tribunes, on entend beaucoup plus parler Italien, confirme Michaël, membre de Planete-ASM. Par exemple contre City ou Dortmund en Ligue des champions, mais aussi sur certains matchs de championnat. »
Mercredi soir, il va même falloir être bilingue si on veut se faire des potes autour de Louis-II avant la rencontre. Depuis l’annonce du tirage au sort, le club de l’ASM a été inondé d’appels téléphoniques et de mails venant de l’autre côté de la frontière pour acheter des places. Sur les 18.500 spectateurs, plus de la moitié devrait parler l’Italien. Pas sûr qu’ils soient tous dégoûtés quand Kylian Mbappé trompera Gigi Buffon, en revanche.

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